TCS

 

Association Oxitane de Conservation des Sols

Les agriculteurs porteurs du projet de création de l’association pratiquent les techniques sans labour et le semis direct. Ceux-ci veulent sortir du schéma de comparaison « Labour / Non labour », estimant qu’il n’est plus d’actualité et qu’il n’apporte aucune avancée ni solution à leurs besoins. Ils souhaitent réunir au travers de cette association, des agriculteurs qui partagent les mêmes convictions, afin de mener une réflexion sur la mise en œuvre et le développement de ces techniques, avec pour objectifs d’obtenir des résultats techniques et économiques proches ou comparables à ceux des exploitations conventionnelles. La Chambre d’Agriculture de la Haute Garonne accompagne depuis quelques années des agriculteurs qui pratiquent les TCSL et le semis direct.

Les agriculteurs estiment que la mise en œuvre de l’agriculture de conservation peut répondre positivement à un certain nombre de problématiques parmi lesquelles :

- La lutte contre l’érosion hydrique, qui est un problème récurant en zone de coteaux ; les régions Midi Pyrénées et Languedoc Roussillon étant classées particulièrement exposées aux risques érosifs (voir rapport Ifen / Inra 2002).
- La lutte contre l’érosion aratoire qui, sans être remarquée par les agriculteurs, est aussi importante que l’érosion hydrique (travaux de Revel).
- La baisse de fertilité des sols consécutive à : La diminution de la matière organique des sols, La réduction de la biomasse lombricienne, L’activité biologique des sols plus réduite.
- Le transfert des produits phytosanitaires, par ruissellement vers les eaux de surfaces.
- La réduction du nombre de passages, qui a pour conséquence une moindre consommation de fuel / ha (en moyenne de -50%) et une diminution des coûts de mécanisation/ha, ont un impact favorable sur les gaz à effet de serre.
- La notion de puits à carbone des TSL et SD, mis en avant par des études américaines ainsi que par des travaux de l’INRA, concluent que : "le travail du sol réduit présente un potentiel de stockage du carbone surtout lorsqu’il est associé à des couverts végétaux".

Les agriculteurs soulignent que la réponse même partielle des TSL & SD à ces problématiques, dépasse le cadre purement agricole. Ce sont des enjeux de société. Ils estiment que des politiques d’accompagnement plus volontaires, devraient être mises en œuvre afin d’inciter les agriculteurs à modifier leurs pratiques.

Ils constatent que les mesures prisent jusqu’à présent, ne vont pas particulièrement dans ce sens :

- Dans le cadre des CTE et CAD : la mesure implantation de couverts végétaux avec une date de destruction adaptée à un itinéraire avec labour en boulbène était beaucoup trop tardive, pour les itinéraires en TSL ou SD, avec pour conséquence, des échecs de levée qui ont pénalisé les rendements. Au final, les agriculteurs, qui souhaitaient développer les couverts dans le cadre de l’agriculture de conservation, se sont rebutés et ont donné un contre exemple de l’intérêt des couverts à leur entourage. En conclusion, des moyens ont été investis pour un résultat contraire à l’effet recherché.

- Dans le cadre des politiques d’aide aux investissements, CTE, PVE, aucune aide n’a été allouée aux matériels de type semoir de semis direct ou d’équipements de non labour, malgré certaines propositions (aide portant uniquement sur le surcoût).

- En Bretagne, la région soutient l’acquisition des semoirs de semis direct à condition de respecter certains engagements. En Midi-Pyrénées, pas de mesure en ce sens sauf ponctuellement, en 2003, année de la sécheresse, la région a apporté son soutien financier à l’achat de semoir de SD pour le re-semis des prairies, mais uniquement pour les éleveurs.

Le besoin de références

Comme toute nouvelle technique, une période d’adaptation à la zone est nécessaire, afin de trouver les solutions aux problèmes rencontrés. Ils estiment que l’expérience disséminée chez de nombreux agriculteurs, à condition qu’elle soit recensée et partagée, peut favoriser le développement et la vulgarisation de ces pratiques. Ils constatent que les sources de références traditionnelles ne sont toujours pas en mesure de leur apporter, à ce jour, des réponses techniques adaptées au contexte régional. Les agriculteurs fondateurs souhaitent pouvoir s’appuyer et travailler en partenariat avec les organismes de développement existants ainsi qu’avec les instituts et la recherche, pour créer des références régionales. Ils souhaitent aussi :
- Participer à la réflexion sur la mise en place des nouvelles MAE,
- Etre identifié comme « organisme » consultatif sur le thème du non labour et de façon plus générale, sur l’agriculture de conservation,
- Participer à la réflexion des programmes de recherche de références avec les instituts et les organismes de recherche.

Pour + d’infos, site de l’association

 
 

 
 
 
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