L’automatisation du contrôle laitier : une alternative pour les Bassins laitiers de faible densité.
Nous sommes confrontés aux problèmes de plus en plus prégnants pour réaliser le contrôle laitier sur le tiers nord de notre département, dans des conditions et à un coût acceptables. Il importe de réfléchir à de nouvelles pistes pour maintenir le service. Le déploiement de compteurs électroniques portables est une solution envisagée.
Le dispositif actuel n’est plus adapté
En effet, le recrutement d’agents de pesées dans les régions où les élevages laitiers sont disséminés est problématique. Les peseurs étant souvent des parents proches des producteurs, le vivier des candidats se restreint !
De plus la spécificité du métier à temps partiel et les horaires décalés ne favorisent pas les vocations. Ainsi l’agent est contraint de se déplacer matin et soir pour assurer le contrôle dans des élevages le plus souvent très éloignés de son domicile. La saturation de la rocade toulousaine aux heures de traite l’oblige de temps à autre de reporter le contrôle lorsqu’il est bloqué dans les bouchons. Parfois on arrive à l’aberration où l’agent passe davantage de temps dans sa voiture que dans la salle de traite ! Les budgets explosent et le dispositif n’est plus adapté aux zones où la déprise laitière est forte.
La volonté de la Chambre d’Agriculture d’apporter un service de qualité La mission de la Chambre d’Agriculture est d’apporter un service de qualité à tous les agriculteurs du département mais aussi de contribuer au maintien d’un tissu laitier dont les mailles tendent à s’élargir. Il est prouvé que lorsqu’un producteur quitte le contrôle laitier, il abandonne à moyen terme la production laitière, doublement pénalisé par un prix du lait structurellement à la baisse et par une qualité déficiente. Il est donc essentiel pour conserver une présence forte de la filière dans la région de permettre à tous les producteurs d’accéder au contrôle laitier. Après avoir examiné les différentes pistes, la seule alternative possible passe par l’automatisation du contrôle.
L’automatisation du contrôle, un nouveau concept responsabilisant le producteur
Le compteur électronique portable, de type Lactocorder est utilisé avec satisfaction depuis 10 ans dans des bassins laitiers de faible densité (Centre de la France et Alsace). Aujourd’hui la reconnaissance électronique des animaux et des échantillons rend possible la réalisation du contrôle dans des conditions de totale fiabilité. La fonction d’agent de pesée évoluera en conducteur de Lactocorder, il assurera la pose, la dépose du matériel ainsi que la collecte des échantillons. Plusieurs élevages pourront être contrôlés simultanément. L’éleveur réalisera le contrôle seul (protocole B) après avoir été formé préalablement. Il disposera en plus des résultats du contrôle des courbes d’éjection du lait pour chaque vache qui lui donneront des éléments précieux sur ses pratiques de traite. Les coûts du niveau dispositif seront voisins et les tarifs identiques à ceux pratiqués dans le contrôle laitier traditionnel. Les charges supérieures d’amortissement des compteurs électroniques portables seront compensées par l’économie salariale réalisée au niveau des peseurs qui n’assisteront plus à la traite
Dans un premier temps, il est prévu d’automatiser le contrôle sur le tiers nord de la Haute-Garonne. Progressivement, à mesure des départs des agents de pesée qui ne seront pas remplacés, le dispositif sera élargi à d’autres zones. Les « Tru-test » mécaniques font désormais partie de l’histoire, les pièces de rechange ne sont plus fabriquées. Tous les organismes de contrôle laitier sont et vont être amenés à revoir leur stratégie ces prochaines années.


