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![]() Des élevages laitiers plus conséquents La Haute-Garonne comptait 2.500 exploitations laitières en 1984, il n’en reste plus que 450 aujourd’hui. Il y a 20 ans, chaque élevage laitier comprenait une vingtaine de vaches laitières produisant chacune moins de 3.500 litres par an. Actuellement un atelier laitier compte environ 45 vaches qui produisent un peu plus de 6.500 litres/an. La race la plus répandue est la Prim’Holstein mais on recense également des vaches Brunes, Montbéliardes et Normandes. 55 % des exploitations laitières du département sont réparties sur les 11 cantons du Comminges. Une large gamme de produits En Haute-Garonne, l’élevage, qu’il soit laitier ou pour la viande, se concentre dans le Comminges où l’on recense près de deux-tiers des effectifs de vaches allaitantes. Parallèlement à une diminution du nombre d’éleveurs (2.100 en 2006), on assiste à une augmentation de la taille des troupeaux composés principalement de 5 races : la Blonde d’Aquitaine qui domine avec plus de la moitié des effectifs, suivie de la race Limousine, la Gasconne, la Charolaise et la Salers. L’élevage bovin viande haut-garonnais se caractérise par sa capacité à fournir une large gamme de produits de qualité correspondant à de nombreux marchés. En Haute-Garonne, la production de viande bovine est orientée vers divers débouchés : à 45% vers les moyennes et grandes surfaces, 25 % vers les boucheries artisanales, 12 % est consacrée à la vente directe aux consommateurs ainsi qu’à destination des industries de transformation (une centaine d’éleveurs pratique la vente directe, soit 273 tonnes produites en Haute-Garonne en 2001 sur différents ateliers de découpe). Les crises successives ont permis au marché de consommation régionale de se recentrer en partie sur la production locale de viande bovine. En 2002, les estimations démontraient une consommation régionale alimentée pour 50 % par des viandes de provenance régionale. Autres débouchés : l’export vers l’Espagne et l’Italie de broutards en vif, des jeunes bovins qui sont ensuite vendus entre 5 et 8 mois après une saison en pâturage. Ou encore, l’engraissement de bovins avec les veaux de boucherie élevés au pis de la mère et les vaches engraissées sur l’exploitation ou dans des ateliers d’engraissement du Grand-Ouest. Privilégier le marché local et national
Une production de qualité s’est en effet constituée sur différents créneaux commerciaux : le Label Rouge « Sélection des bergers », production d’agneaux de bergerie haut de gamme, est issue de la population des éleveurs de plaines et coteaux. A l’heure actuelle, environ 20.000 agneaux sont commercialisés principalement sur l’agglomération toulousaine. Autre production : « l’Agneau léger » issu de la zone de montagne et destiné au marché de l’exportation lorsque les cours sont porteurs. Outre ce débouché, les agneaux sont engraissés dans des centres spécialisés en plaine, afin de les calibrer pour la demande du circuit : « Agneau de terroir » et demain sous un signe officiel de qualité : « Saveur Agneau ». Depuis quelques années, la profession construit une filière axée sur l’agneau de lait sous une démarche Label Rouge afin de ne pas être tributaire du seul marché à l’exportation. Le pastoralisme, pour une montagne vivante Le pastoralisme est une activité traditionnelle de l’élevage, basé sur l’utilisation des pâturages d’altitude, les estives, vers lesquelles transhument les troupeaux à la fin du printemps. Avec le pastoralisme, le pâtre, les éleveurs et leurs troupeaux sont les garants du maintien de l’écosystème de ces zones fragiles de montagne. Prévention des risques naturels comme les feux de forêt, prévention des avalanches ou de l’érosion, le pastoralisme permet en outre de maintenir l’herbe rase sur les pentes montagneuses et aux skieurs de pratiquer leur sport favori. Le domaine pastoral de la Haute-Garonne s’étend principalement sur 3 cantons : Bagnères de Luchon, Saint-Béat et Aspet. Il couvre une surface d’environ 25.000 hectares située entre 700 et près de 3.000 mètres d’altitude et regroupe 26.000 ovins, 2.800 bovins, 250 équins et 170 caprins. Parmi les 40 estives du domaine, 3 sont situées sur le domaine skiable de stations de sport d’hiver. Toutes sont traversées par des sentiers de randonnées et parfois même par des routes touristiques. Certains de ces espaces pastoraux de haute valeur patrimoniale sont situés dans des zones protégées par le programme européen Natura 2000. Les estives sont structurées collectivement au travers de Groupements Pastoraux et d’Associations Foncières Pastorales gérées par les éleveurs eux-mêmes. Un gardiennage est effectué par des bergers et vachers mais aussi parfois par les éleveurs eux-mêmes. Pour préserver ce patrimoine, des équipements pastoraux sont mis en place afin de faciliter l’exploitation des pâturages d’altitude : clôtures, parcs de contention et de tri pour organiser les soins, cabanes pastorales pour loger le gardien et aménagement de points d’eau. D’autres travaux sont également pratiqués : débroussaillage, aménagement de pistes pastorales, chantiers de feux pastoraux dits « écobuages » pour favoriser la colonisation des plantes fourragères. Enfin, en installant des panneaux d’information dans les estives, les éleveurs ont choisi de sensibiliser les randonneurs à l’activité pastorale et de les inviter à adopter une attitude de bonne conduite vis-à-vis des installations et des animaux. Un mot sur les porcs et les volailles...
La Haute-Garonne comptait 235 exploitations exerçant une activité de production avicole en 2004. En majorité traditionnelles et peu intensives, ces exploitations sont souvent modestes. La filière Gras intéresse plus d’une exploitation sur deux : 132 exploitations haut-garonnaises ont produit plus de 330.000 canards gras et oies grasses dont les 2/3 de qualité supérieure. Quant à la filière Chair, elle tient une place honorable notamment sur le plan quantitatif avec la prédominance de productions volailles fermières ou avec label. La production de volailles et palmipèdes gras est en partie transformée à la ferme et commercialisée en direct. Le Comminges et le canton de l’Isle-en-Dodon en particulier, héberge la moitié des salles d’abattage agréées. Une qualité signée
Parmi ces différents signes de qualité, la Certification de Conformité Produit (CCP) est la reconnaissance d’une qualité régulière d’un produit défini selon des critères précis, « Saveur Occitane » par exemple en Midi-Pyrénées. Autre label reconnu : l’Agriculture Biologique qui garantit un aliment issu d’un mode de production respectueux de l’environnement. Des produits tracés, un consommateur rassuré La production d’animaux est soumise à un ensemble de règles de production concernant l’identification des bêtes, le contrôle sanitaire, le respect du bien être animal, etc. Ainsi, chaque bovin est unique et possède donc une véritable carte d’identité sans laquelle il ne peut quitter la ferme. Ce passeport reprend tous les éléments d’identification de l’animal : date de naissance, numéro unique de l’animal, numéro du cheptel de naissance, numéros uniques du père et de la mère etc. C’est grâce à ce document que l’on peut suivre l’animal du pré jusqu’à l’assiette du consommateur. L’éleveur doit par ailleurs déclarer sur un bordereau tous les mouvements de ses animaux : ventes, achats, mais aussi les naissances de veaux. Ainsi, tout animal est fiché selon un processus appelé « traçabilité » qui permet de retrouver l’élevage puis l’animal en cas de problème. Même garantie pour le lait. Les vaches ont une boucle à chaque oreille pour permettre au vétérinaire d’identifier les analyses de sang faites chaque année. Le lait est trait deux fois par jour dans des installations qui doivent de plus en plus se conformer à des normes sanitaires rigoureuses. L’éleveur doit pouvoir traire, puis stocker son lait dans des conditions qui lui permettent de préserver sa qualité originelle. Chaque élevage subit plus de 200 analyses par an. Le paquet hygiène : une responsabilisation accrue Après les grandes crises alimentaires de ces dernières années (ESB, fièvre aphteuse, grippe aviaire, etc.), il a fallu réformer la législation alimentaire et ajouter quelques exigences supplémentaires. Le « paquet hygiène », applicable depuis le 1er janvier 2006, est une nouvelle législation européenne pour assurer la sécurité sanitaire de l’alimentation humaine et animale. Tous les exploitants de la chaîne alimentaire sont concernés, les éleveurs, les transformateurs et les distributeurs. Moderniser les bâtiments d’élevage : un enjeu majeur Notre élevage départemental est aujourd’hui à un tournant. La réforme de la PAC va modifier leur nombre, leur taille et leur organisation. Un Plan de Modernisation des Bâtiments d’Élevage a été défini début 2005 par l’Etat. Ses objectifs : maintenir une production de qualité en modernisant les ateliers et en les adaptant aux exigences de la société en matière d’environnement et de bien-être animal. Autrement dit, permettre aux animaux d’être mieux logés pour améliorer leurs performances et éviter aux effluents de stagner aux abords des lieux de vie et de s’infiltrer dans les sols jusqu’aux nappes. Ce plan doit bien entendu permettre aussi une amélioration des conditions de travail des éleveurs.
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